par Andrea Shalal
La vice-présidente américaine Kamala Harris a défendu jeudi, lors de son premier entretien accordé à une organisation de presse nationale depuis qu'elle a été désignée candidate du Parti démocrate pour l'élection présidentielle de novembre, le virage centriste de certaines de ses positions politiques.
Au cours d'une interview à la chaîne de télévision CNN, dont des extraits ont été dévoilés en amont de sa diffusion à 21h00 (01h00 GMT vendredi), elle a également évoqué la possibilité de nommer un républicain au sein de son gouvernement si elle venait à remporter le scrutin du 5 novembre face à l'ancien président républicain Donald Trump.
"Les aspects les plus importants et les plus significatifs de ma vision politique (...) n'ont pas changé", a déclaré Kamala Harris lors de cet entretien, réalisé jeudi en début d'après-midi à Savannah en Géorgie, où elle effectuait un déplacement de campagne. "Mes valeurs n'ont pas changé", a-t-elle insisté.
Entre sa campagne pour l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2020 et sa désignation comme candidate du parti en remplacement du président Joe Biden, qui a mis fin le 21 juillet à sa campagne de réélection, les positions de Kamala Harris sur certaines questions se sont rapprochées d'une vision centriste.
Elle a ainsi durci sa position sur l'immigration à la frontière sud des Etats-Unis et a dit par ailleurs ne plus vouloir interdire la fracturation hydraulique - un mode de production d'énergie qui emploie de nombreuses personnes en Pennsylvanie, l'un des Etats considérés comme décisifs pour l'élection présidentielle.
"Mes valeurs par rapport à ce que nous devons faire pour sécuriser notre frontière (avec le Mexique) n'ont pas changé", a déclaré Kamala Harris. "J'ai effectué deux mandats comme procureure générale de Californie à poursuivre des organisations criminelles transnationales, à lutter contre les violations des lois américaines concernant le trafic illégal d'armes à feu, de drogues et d'êtres humains le long de la frontière".
Critiquée par les républicains, au premier rang desquels Donald Trump, pour n'avoir donné aucun entretien à une chaîne de télévision ou quotidien national depuis que Joe Biden a mis fin à sa campagne électorale en lui apportant son soutien, Kamala Harris a cherché avec cette interview à montrer qu'elle disposait d'une pleine maîtrise de sujets importants.
La vice-présidente, qui a redonné du souffle à la campagne de démocrates préoccupés par l'âge de Joe Biden (81 ans) et doutant de la capacité de ce dernier à battre Donald Trump, a également discuté jeudi de la possibilité de nommer un républicain parmi les membres du gouvernement.
S'exprimant au côté de son colistier, le gouverneur du Minnesota Tim Walz, elle a dit être favorable à une diversité d'opinions.
"Il est important d'avoir autour de la table, quand sont prises certaines des décisions les plus importantes, des gens ayant des avis différents, des expériences différentes. Je pense que cela serait profitable aux Américains d'avoir un membre de mon gouvernement qui soit républicain".
(Reportage d'Andrea Shalal; version française Jean Terzian)

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